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À l’heure du choix

« Le choix. Le problème, c’est le choix. »

Nous vivons aujourd’hui un moment de choix et, en disant cela, je ne parle pas seulement des échéances électorales qui pèsent sur chacun de nous et dont, si souvent, l’issue semble certaine, comme déjà jouée. Quand je reprends à mon compte que le problème est le choix je veux dire que :

« Nos vies ne nous appartiennent pas. De l’utérus à la tombe nous sommes liés aux autres. Avec chaque crime, avec chaque acte de bonté, nous mettons au monde notre futur. »

Il serait tentant de limiter le choix à des actes et des responsabilités individuelles. Chaque décision que nous prenons, chaque jour, chaque fois que nous disons « oui » ou « non », nous façonnons le monde, les autres et nous-même, parfois à notre propre insu. Telle est notre responsabilité, à toutes et à tous. Elle est lourde, mais c’est notre plus grande liberté car c’est une liberté commune.

« Ce que vous savez, vous ne pouvez l’expliquer. Vous l’avez senti votre vie entière : il y a quelque chose qui ne va pas dans ce monde. Vous ne savez pas ce que c’est, mais c’est là, comme une écharde plantée dans votre esprit qui vous rend fou ».

Il est impossible, en effet, de ne pas voir que ce monde est mauvais, non pas seulement en des termes moraux, mais parce qu’il produit du mal. La société telle qu’elle nous est léguée, telle qu’on nous l’impose avec une brutalité toujours plus forte, nous rend malade, physiquement et psychologiquement. Elle éborgne, elle mutile, elle tue. Elle vend les produits qui soignent mal les pathologies qu’elle a elle-même causées. Quand elle ne tue pas de sa propre main, elle produit et vend les armes qui tuent ailleurs.

Cette société a un nom. Ce nom, vous le connaissez bien. Elle se nomme « propriétarisme » ou, plus particulièrement, « capitalisme », ou encore « néo-libéralisme » – comme s’il y avait quoi que ce soit de nouveau dans cette abjecte exploitation du monde entier par un nombre toujours plus réduit. Cette société semble parfois toute puissante et il est alors tentant de baisser les bras.
Pourtant, comme cet homme seul face à un monde entièrement hostile, cet homme semble-t-il vaincu, à genoux dans la boue et sous la pluie, comme cet homme que vous reconnaissez peut-être, il nous faut, chaque jour, choisir. Il nous faut répondre à cette question :

« Pourquoi ? Pourquoi le faire ? Pourquoi se relever ? Pourquoi continuer la lutte ? Pensez-vous vous battre pour quelque chose ? Pour davantage que votre survie ? Pouvez-vous me dire ce que c’est ? Le savez-vous seulement ? Est-ce la liberté, ou la vérité ? Peut-être la paix ? Serait-ce pour l’amour ? Des illusions, des caprices de la perception. Des constructions temporaires d’un esprit humain qui tente désespérément de justifier une existence sans sens ni but. Vous devez le voir. À·présent, vous devez le savoir. Vous ne pouvez pas gagner. Il est vain de continuer à vous battre. Alors pourquoi ? Pourquoi persistez-vous ? »

À cela, il n’existe qu’une seule réponse. À cette question, d’une seule voix, celle de la multitude, nous devons, toujours, répondre :

« Parce que nous le choisissons. »

Merci à toutes et à tous pour votre attention.

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La nouvelle La Planète Cité, qui parle elle aussi du problème du choix, est disponible au sein de l’anthologie Utopiales 2021 aux éditions ActuSF.

https://www.editions-actusf.fr/a/collectif/utopiales-2021

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Citations tirées traduites par mes soins et tirées dans l’ordre de The Matrix, Cloud Atlas, The Matrix et The Matrix Revolutions

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